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Maureen Nisima, l’artiste en piste



Arrivée au LSC Escrime en 2003, Maureen Nisima reste l'une des valeurs sûres de l'épée féminine mondiale. Après un passage difficile lié à de multiples blessures, elle débute cette année 2008 avec en ligne de mire la qualification pour les Jeux Olympiques de Pékin.

Si l'on se fie à son palmarès, il est légitime de penser que Maureen Nisima était prédestinée à l'épée. Pourtant, il s'en est fallu de peu pour retrouver la championne levalloisienne sur la scène artistique plutôt que sur les pistes d'escrime. Figurante dans Association de Malfaiteurs de Claude Zidi, en 1986, alors qu'elle avait tout juste cinq ans, ou encore dans une publicité pour les bonbons Haribo, Maureen intègre l'école des enfants du spectacle. "Le milieu artistique reste un monde que j'apprécie énormément, j'aurais vraiment souhaité poursuivre l'aventure, mais j'habitais seule avec ma mère, à Sevran, donc assez loin de l'école", regrette t-elle. Désireuse de pratiquer une activité sportive, elle découvre l'escrime : "ce fut un véritable coup de foudre lors d'une initiation. J'ai trouvé que l'épée réalisait admirablement la jonction entre le milieu artistique et le milieu sportif". Maureen intègre le club d'Aulnay-sous-Bois, dans lequel elle va rester 15 ans. Seule une nouvelle parenthèse artistique l'éloignera des pistes durant deux ans : "A 11 ans, je me suis lancé dans un balai folklorique antillais, avec notamment une première partie au Zénith".
Après deux ans de sport-études au pôle d'épée féminine de Talence et un retour à Aulnay, elle se met en quête d'un club de haut niveau. En 2003, le LSC Escrime lui fait une proposition, elle a alors 22 ans.

Objectif Pékin
S'en suit l'écriture d'un palmarès éloquent. Elle devient, entre autres, vice-championne du monde en 2003, médaillée de bronze en individuel et par équipe aux JO d'Athènes en 2004, vainqueur de la coupe d'Europe des clubs champions avec le LSC, championne du monde avec l'équipe de France en 2005 et 2007.
Un palmarès d'autant plus significatif que Maureen n'a pas été épargnée par les blessures : "Les soucis ont commencé en 2004, je ne pouvais même plus m'entraîner normalement. J'ai donc décidé de m'arrêter un moment. Une absence interminable de six mois que j'ai bien cru définitive. Mais, grâce à cette épreuve, je me suis découverte davantage".
Revenue à un niveau qu'elle juge satisfaisant, elle a récemment touché du bronze aux championnats du monde de Saint-Pétersbourg et atteint la finale des derniers Masters de Levallois : "Je voulais prouver que j'avais ma place dans ces Masters même si, physiquement, je n'étais pas prête du tout. Le soutien du public m'a vraiment galvanisée". De quoi décupler les ambitions, notamment pour son club : "malgré les départs de Laura (Flessel-Colovic) et de Marysa (Baradji-Duchêne), nous avons un groupe de qualité. Il ne faut pas se lamenter et partir au combat, nous avons un titre de champion de France à défendre".
A l'aube d'une lutte acharnée pour la qualification aux JO de Pékin, Maureen semble dotée d'un mental de fer : "Il reste neuf épreuves de coupe du monde pour se qualifier. Deux places à prendre et trois candidates. A ce jour, Laura et Hajnalka (Kiraly Picot) sont qualifiées. Mais, j'adore les défis, ça me donne la pêche, alors on verra bien". Et si elle gagne le droit de rejoindre, en août, le pays du soleil levant, Maureen n'ira pas en touriste : "J'ai déjà ramené le bronze d'Athènes, alors il faudra jouer l'or à Pékin", sourit-elle.
Simple songe d'une nuit d'été pour l'artiste Nisima? pas vraiment. Car, derrière ce visage angélique se cache une guerrière prête à conquérir l'olympe.
Maxime Douté