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Nisima



Une victoire symbolique! Le succès de l'équipe de France aux championnats du Monde de Pékin, garde une grande signification, surtout pour les deux athlètes levalloisiennes qui y ont contribué. "En finale, nous avons rencontré les Chinoises. Il y a très longtemps que nous ne les avions pas battues. Certaines étaient même devenues arrogantes. Aujourd'hui, je pense qu'elles nous prennent moins de haut", sourit Maureen Nisima. Et Sarah Daninthe de surenchérir : "Battre les Chinoises à domicile, en finale, devant un public surchauffé, ça ne se fait pas. En tout cas, malgré le contexte, les supporters chinois ne nous ont jamais manqué de respect. Mais, la tâche ne fut pas simple. Tous les matchs ont été très durs. En ce qui me concerne, ce fut très difficile physiquement et mentalement. Depuis 2005, je n'étais plus en sélection, car j'ai passé tout mon temps en rééducation. Sont aussi venus s'ajouter des problèmes médicaux assez graves".

Pour les deux Levalloisiennes qui ne participeront pas aux JO de Pékin, la symbolique avait aussi une teneur nostalgique : "L'équipe qui est montée sur la première marche du podium, à savoir, Laura (Flessel-Colovic), Hajnalka (Kiraly-Picot), Sarah, et moi-même, était la même qui avait ramené le bronze des JO d'Athènes en 2004", se rappelle Maureen.

 

L'Ombre des Jeux

Et comment ne pas penser aux J.O, quand on évolue, à l'occasion de ces championnats du Monde, dans la salle olympique de Pékin : "Ces "Monde" faisaient office de répétition générale pour les Jeux, de "test event". Les infrastructures sont obligatoirement testées avant le rendez-vous olympique. C'est vraiment une belle salle", explique Sarah.

Cette vague de nostalgie ressuscite parfois des sentiments bien plus douloureux. Ainsi, lorsqu'elle évoque sa non-participation aux JO de Pékin, Maureen peut légitimement se sentir lésée : "Je ressens de l'injustice. C'est une véritable punition. Pour limiter le nombre de médailles, l'épreuve Dames par équipe a été supprimée. Le mode de sélection était donc individuel et seules deux Françaises pouvaient se qualifier. Je termine 3ème, en ayant été blessée les trois quarts de la saison. Sous prétexte de l'universalité des JO, ils ont dénaturé et affaibli la compétition. Aujourd'hui, je suis 13ème au classement mondial, j'ai été médaillée de bronze en individuel aux championnats du Monde de Saint-Pétersbourg (octobre 2007), mais je ne participe pas aux Jeux. Certaines tireuses ne sont même pas dans les seize premières mondiales, mais, elles seront à Pékin".

Quant aux JO de Londres, en 2012, Maureen, inconsolable, ne souhaite pas se prononcer : "J'ai toujours l'envie, mais cette expérience est traumatisante. Il y a quatre ans à Athènes, sur le podium, je n'aurais jamais imaginé manquer les Jeux de Pékin. Londres, c'est encore loin". La déception reste moindre pour Sarah. Ses dernières saisons très difficiles l'empêchaient de prétendre à une sélection. Le son de cloche est différent : "Je serai à Londres et je n'irai pas pour rien", sourit-elle.

Si cette victoire aux championnats du Monde de Pékin ne peut atténuer les déceptions, elle a démontré au monde de l'escrime que nos deux Levalloisiennes étaient toujours prêtes à relever des défis gigantesques. Pas une revanche, juste une mise au point…

Maxime Douté

 

 

(1) Maureen Nisima fut championne du Monde par équipe en 2005, 2006 et 2007, Sarah Daninthe en 2005.